Gîtes de caractère à Chinon

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 
Histoire du Château de la Vauguyon

 La Vauguyon qui s’est aussi appellée ‘ l’Hôtel d’Orville, la Gaignerie’ dépendait de l’ancienne paroisse de Parilly. Elle groupe face au châteaude Chinon, sur la rive opposée de la Vienne, à mi-coteau, un ensemble de constructions d’importance inégale et d’époques différentes.

La façade principale au nord est composée d’un grand bâtiment du XVème siècle, élevé d’un étage et d’un comble, éclairé par de hautes lucarnes à gâbles triangulaire orné de crochets. On remarque des traces de fresques sur les pignons représentant autant qu’on puisse en juger, des scènes de tournois.

La Vauguyon est l’une de ces heureuses demeures dont les archives nous sont parvenues intactes, classées et mises en dépôt aux Archives départementales. Elles représentent une masse énorme de documents: environ 500 parchemins, 8000 papiers, 22 cahiers, 7 registres, dont le dépouillement et l’étude nécessiteraient de longues années.Leur inventaire sommaire permet cependant de compléter la courte notice, consacrée à la Vauguyon par Carré de Busserolle dans son dictionnaire.

Les Le Petit furent les premiers seigneurs connus de ce fief, relevant à foi et hommage lige du château de Chinon.Le Petit, seigneur « de la Gaignerie » rend aveu pour son hébergement le 26 juin 1398. Jean Le Petit, écuyer, achète différents biens à Parilly et nous a laissé son cahier de recettes et dépenses pour l’année 1441. Une inscription en lettres gothiques dans l’église désaffectée de Parilly nous apprend que: « L’an mil CCCCLXXIII Gille Petit, sgr de Vauguyon et demoiselle Marguerite de Faye sa femme ont fait faire ceste chapelle Saint Jean ».

Jehan Le Petit, seigneur de la Vauguyon, se maria en 1499 et René Le Petit fut exempté de ban et arrière ban en 1542-1543. Par son mariage, Françoise Le Petit apporta le domaine à son mari Louis du breuil qui rend hommage en 1566.

Au XVIIème siècle, de nombreuses mutations eurent lieu: Claude du Breuil vendit la châtellenie en 1610 à Etienne Pallu, échevin demeurant paroisse Saint-Venant. Jean Sénéchal, valet de chambre du cardinal deRichelieu, est dit en 1639 seigneur de la Vauguyon que François Sénéchal céda vers 1654. Nouvelle vente en 1661 par un sieur Blouin à Pierre Roque de Varengeville, conseiller du roi secrétaire des commandements, finance et cabinet de  Monseigneur, frère unique de saMajesté, duc d’Orléans. Le 20 août de cette année, Pierre Roque procéda à un échange avec messieurs les doyens, chanoines et chapitre de l’église et Sainte chapelle royale de Plessis-lès-Tours. Ces derniers possédaient les fiefs, terres et seigneuries de Doudeville, le Fresnay, Touffreville, la Corbeline, Noaillé, Varenne et Elinsard, sis au pays de Caux de Normandie. Ces biens furent cédés à Pierre Roque, chevalier,seigneur de Varengeville qui leur abandonna: la terre et
seigneurie de la Vauguyon, sis en la paroisse de parilly et les fiefs de la Mairie et Courchamps avec leurs appartenances et dépendances. Mais cette transaction pourtant profitable pour les deux parties, entraîna un long procès qui se prolongea plus d’un siècle, entre le chapitre et  PierreRoque d’abord et ses héritiers ensuite.Il ne trouva finalement sa conclusion que par un arrêt rendu en mars 1787 par la grande chambre du Parlement.

Depuis cette acquisition, dans cette seconde moitié du XVIIème siècle, par le chapitre du Plessis-lès-Tours, le manoir ne fut plus habité que par les fermiers de la seigneurie dont au hasard des actes on retrouve presque tous les noms. En 1787, la révolution est proche et la Vauguyon est saisie comme bien national. René Jean Champigny-Clément, négociant à Chinon, paroisse Saint-Mexme, qui l’avait mise à prix, se la vit adjuger au treizième feu, le 4 février 1791. Il fut maire de Chinon en 1797 et 1800, appartint au Conseil des Cinq Cents jusqu’en 1798.Il avait été élu à la Convention le 6 septembre 1792. Sympathisant montagnard, il vota la mort
du roi considérant «: « que la mort est terrible, mais qu’elle ne saurait l’être trop pour un tyran ».

Aprés la période des Cents Jours où il avait repris la fonction de maire, il fut contraint de s’exiler en Hollande où il mourut.

Aux suites des sucessions, la Vauguyon échoua à Mlle Lemoine qui ne la garda pas longtemps et la vendit au romancier Gustave Droz en 1880.La tradition voulant qu’il y ait écrit « Monsieur, Madame et Bébé». La famille Droz la revendit à la famille des propiétaires actuels en 1937.

(texte tirés de « Vieux logis de Touraine » André MONTOUX)

Chronologie:

1390 à Guillaume Le Petit

1432 à Jean Le Petit

1473 à Gilles Le Petit, qui avec son épouse Marguerite de Faye, édifia une chapelle, dite de La Vauguyon, en l’église Notre Dame de l’Epine à Parilly

1544 à René Le Petit

1566 à Louis de Breuil, époux de Françoise Le Petit

1626 à Jacques Bazary, héritier de sa mére Suzanne de Breuil Une petite inscription, assez lisible, rappelle sur une cheminée les dates de naissance de Jacques, Louis et Suzanne de Breuil.

1654 François Sénéchal achète le domaine à Jacques Bazary, son frère Jean, Valet de chambre du Cardinal de Richelieu, le cède à Jérôme Blouin, qui à son tour le vend à Pierre Roque de Varengeville, conseiller du roi, secrétaire des commandements, maison, finances et cabinet de Monseigneur le Duc d’Orléans (1661), qui lui-même l’échangera avec les chanoines de Plessis-les-Tours vers 1750.

1789 à la Révolution, vendu comme bien national, La Vauguyon fut acquise par René Champigny-Clément, qui appartint à la faction Jacobine. Il vota la
mort de Louis XVI et occupa une place de premierplan. Il fut maire de Chinon en 1797-1798 et en 1799-1800 ayant accepté de l’être à nouveau en Mai 1815, il fut exclu,comme régicide de l’amnistie accordée à ceux qui avaient servi l’empereur pendant les Cent-Jours. Il se vit donc obligé de quitter le France et mourut à l’étranger.

1844 la descendante de René Champigny-Clément, Angélina Lemoine en hérita. Très jeune, elle avait quitté la Touraine, à la suite d’un drame qui fit beaucoup de bruit.

1880 Gustave Droz, romancier de renom à l’époque, s’en rend acquéreur et entreprend des restaurations.

1924 Le petit fils de Gustave Droz, vendra le château à Mme Liébaut.

1937 Les héritiers de celle-ci le revend aux propriétaires actuels.